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 1769-1943-2008 La liberté et Le mépris
kamelott



Inscrit le: 16.02.2008
Messages: 135
Posté le: 08-05-2008 16:21

Sanglante bataille de Ponte Novu 9 mai 1769

Voltaire, dans son Siècle de Louis XV (1751), écrit, admiratif, à l'occasion de ce combat : L'arme principale des Corses était leur courage. Ce courage fut si grand que dans un de ces combats, vers une rivière nommée Golo, ils se firent un rempart de leurs morts pour avoir le temps de recharger derrière eux avant de faire une retraite nécessaire ; leurs blessés se mêlèrent parmi les morts pour affermir le rempart. On trouve partout de la valeur, mais on ne voit de telles actions que chez les peuples libres.


Le 13 juillet 1755, Pasquale Paoli est élu chef de la nation corse. II donne à la Corse une Constitution démocratique, 34 ans avant la Révolution française de 1789. Ainsi, durant quatorze ans, la Corse va être une nation indépendante où le peuple participe au pouvoir. Cette indépendance c'est l'aboutissement de nombreuses années de luttes entamées par le peuple corse contre l'occupant génois.

Malheureusement, le 15 mai 1768, Gènes demande à la France d'occuper militairement la Corse et d'y demeurer jusqu'au remboursement par Gènes d'une somme de deux millions de livres a la France. Le peuple corse est alors vendu comme du vulgaire bétail.

En octobre 1768, a Borgo, les soldats corses infligent une lourde défaite aux troupes françaises. Le corps expéditionnaire français, composé au début de 8 000 hommes, s'élève bientôt à 30 000 hommes. La guerre est impitoyable : le comte de Vaux approuve les massacres d'enfants, de femmes et de vieillards. Il donne l'ordre à ses troupes de « n'épargner ni les moissons ni vignes, ni oliviers de ceux qui refusent de se soumettre »

Le 8 mai à partir de 14 heures commence la bataille de Ponte Novu. Les Français engagent 5000 soldats contre les 2400 corses et une centaine de mercenaires. Les pertes s'élèvent à 80% coté corses, contre 15% seulement dans l'armée française.
Cette bataille est le point final des affrontements entre les troupes corses de Pascal Paoli et les armées du roi de France, Louis XV. Ouvrant aux grenadiers français la route de Corte, capitale de la Nation corse, cette bataille marque la fin de la seconde et dernière phase de la guerre de Corse.

http://www.dailymotion.com/cluster/news/video/x5bryo_ponte-novu_news

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LA LIBÉRATION DE LA CORSE. 9 septembre - 4 octobre 1943

Les patriotes corses dans les combats de libération.
La période des combats n'est pas vécue partout de la même façon

- À Ajaccio, préfecture de 1a Corse, la libération est acquise dès le 9 septembre. La population assiste aux débarquements de troupes et exprime librement sa joie. La veille, les locaux de la milice, du Parti populaire français et des journaux collaborateurs ont été investis et mis à sac. Le Patriote (journal du Front national), sorti de la clandestinité, parait sur les presses de la Jeune Corse. On chante la Marseillaise dans les rues.

- à Sartène, le soulèvement populaire se heurte à l'intervention allemande visant. Place Porta, la population„

- À Bastia, on se bat en ville et surtout au port, entre Italiens et Allemands. Le 14 septembre, les Allemands qui ont repris le contrôle de la situation, menacent la ville de destruction et interdisent à la population de sortir, si ce n'est entre 11 et 12 heures. Les patriotes qui, croyant leur ville libérée, ont occupé la mairie et la sous-préfecture, retournent à la clandestinité après l'intervention d'une colonne allemande venue de Casamozza et une attaque de stukas.

À Ajaccio, où les conditions sont meilleures, de rapides changements administratifs sont opérés : les cadres de Vichy renoncent, sans résistance, à leurs pouvoirs.
Le 9 septembre, une nouvelle municipalité présidée par E. Macchini, est installée et le Front national place un "Conseil de préfecture" auprès du préfet Pelletier qui s'efface d'ailleurs complètement. Ce conseil prend les premières mesures de dissolution des partis et mouvements collaborationnistes. Des consignes adressées à tous les comités d'arrondissement du Front national prévoient la prise de contrôle des mairies et- déjà - un début d'épuration.

Très inégalement armés, souvent peu expérimentés car s'ils sont plus de 10 000 en septembre, la plupart n'a pas subi de préparation militaire sérieuse, les patriotes combattent sans aide pendant les huit ou dix premiers jours. Durant cette période, les Allemands cherchent encore à s'ouvrir les passages vers l'ouest dans les régions de l'Ospedale, de Ghisoni, Barchetta et Folelli. Dans le sud, il faut compter avec la brigade SS Reichsfiührer cantonnée à Sarténe. Les Allemands veulent sauver leurs dépôts de matériel et de carburant, comme celui de Quenza attaqué le 15 septembre par le Front national et les hommes du commandant Pietri : en s'assurant le contrôle des voies de communication les résistants empêchent la jonction des troupes allemandes de Porto-Vecchio avec celles de Quenza et de Sartène. La zone de Levie est devenue un verrou. Le 17, une compagnie du batailllon de choc est déterminante dans l'appui de la Résistance : malgré une intervention de leur aviation, les Allemands y sont vaincus. Le général von Senger, convaincu du prix excessif de toute action vers l'ouest, se consacre, dans la période suivante, à l'évacuation de ses forces vers Bastia.

C'est donc la seconde phase vies combats qui commence : dès le 1 , sur la route de Bonifacio à Porto-Vecchio, puis le 22 dans la zone de Conca, les fauteurs qui dominent la route servent de bases pour les attaques ; mais la 90ème division allemande est une division blindée, elle peut subir des pertes, être freinée, mais non stoppée.
Les groupe de maquisards sont appelés au combat au fur et à mesure de la lente progression allemande vers le nord. Ceux de Vezzani et de Prunelli di Fiumorbo agissent les 23 et 24 septembre. Les Allemands perdent le contrôle des aérodromes de Ghisonaccia et de Borgo qu'ils utilisaient pour leur évacuation et les opérations aériennes de soutien. À la fin de septembre, des combats se déroulent en Casinca. Le bataillon de choc trouve, parmi les patriotes, les guides qui lui sont d'autant plus indispensables qu'il ne possède pas les cartes d'état-major de la région. Qui plus est, une de compagnie formée de volontaires recrutés sur place a pu être constituée. La population nourrit et renseigne les combattants, mais les blessés pâtissent du manque de soins : aucun service médical ne suit les troupes dans cette zone.

À La fin de septembre et pendant les trois premiers jours d'octobre, les Allemands ne cherchent plus qu'à protéger leur retraite, se repliant sur 1e port de Bastia. Leur artillerie en retarde (accès. Les patriotes et les "chocs" y arrivent par le sud tandis que tabors, spahis et troupes italiennes progressent par l'ouest, avec les résistants du Cortenais et de la Balagne. Dans ces combats, les Marocains jouent un rôle déterminant : le col de San Stefano est enlevé le 30 septembre, le col de Teghime le 3 octobre. Le bataillon de choc prend le contrôle du Cap- Corse, non sans un accrochage avec les Allemands à Pietracorbara.

Le 4 octobre, Bastia est libre, mais dévasté par les combats et les bombardements américains.
La 90è Panzergrenadierdivision quitte file, affaiblie par la destruction d'une centaine de chars, de 600 pièces d'artillerie et de 5 000 véhicules divers. De ce fait, le maréchal Kesselring reconnaît lui-même qu'il ne peut empêcher le débarquement du général Clark à Salerne. Des patriotes sont tués au combat aux côtés des militaires français et italiens tandis que d'autres, surpris armés par les Allemands, sont immédiatement fusillés : on compte au moins 25 exécutions sommaires. Au total, l'estimation des victimes de ces combats s'établit ainsi : les troupes allemandes perdent environ 1 600 hommes dont 1 000 tués et 400 prisonniers ; les Italiens dénombrent 637 tués et 557 blessés ; du côté français, la Résistance enregistre dans ses rangs 170 tués et environ 3130 blessés ; les troupes régulières enregistrent 75 tués (dont l'aspirant Michelin, premier officier français tombé sur le sol national) et 239 blessés.

Louant aux dégâts matériels, ils sont considérables sur les lieux des combats : de nombreux ponts ont sauté, des maisons sont détruites, Bastia subit cinq bombardements alliés entre le 13 septembre et le 4 octobre, ainsi que des tirs d'artillerie. Les quartiers du port, de la gare, le cimetière lui-même sont ravagés, la ligne de chemin de fer de la côte orientale est inutilisable.

Au cours de sa visite en Corse, du 8 au 10 octobre, le général de Gaulle salue les efforts et les sacrifices consentis. Ses discours témoignent d'une émotion sincère. Quant aux Corses, ils acclament le co-président du Comité français de libération nationale. L'île, coupée de la France continentale, dépend désormais d'Alger. Pour ses habitants, la Libération ne signifie pas la paix, mais bien au contraire la reprise de la guerre au côté des Alliés. À cet égard aussi, la situation de ce département français est unique : pendant l'année 1944, 12 000 Corses de 20 à 28 ans sont mobilisés. De plus, la région est utilisée comme base aéronavale pour le contrôle des liaisons maritimes, comme base d'attaque contre l'Italie du Centre et du Nord, encore tenue par les Allemands, et comme base de départ en août 1944 pour le débarquement en Provence.

Le 6 juin 1944, les Alliés débarquent en Normandie. Après la Corse, le Calvados sera le deuxième département français libéré. Les FFI de Caen prendront le nom de Fred Scamaroni, héros et martyr' de la Résistance corse; le 8 juillet 1944, les hommes de la compagnie Scamaroni hisseront les trois couleurs devant l'Abbaye aux Hommes de Caen.

La Corse tient une place importante dans (histoire de 1a Résistance et de la Libération. C'est le premier territoire libéré, par ses habitants, par des soldats français, sans intervention de forces anglo-américaines.
Les combattants et l'espace stratégique ainsi offerts aux Alliés par la Résistance corse sont venus à point, dans un temps décisif de la guerre en Méditerranée, pour contribuer au recul des nazis en Italie et dans la France méridionale.

http://www.corse.pref.gouv.fr/scripts/display.asp?P=COhist_liberation

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2008. 08 mai Célébration Nationale

* Edition nationale http://jt.france3.fr/1213/
Le président de la République française Nicolas SARKOSY affirme parlant des américains débarquant à Ouistreham : « ces premiers libérateurs de la France ». Après le reportage le journaliste ajoutera que Nicolas SARKOSY à relevé de son discours que « la vraie France n’était pas à Vichy mais dans la résistance et qu’elle avait la voix du général de Gaulle »

* Edition régionale Paris Ile de France 12/13 http://jt.france3.fr/
La présentatrice annonce 65 ans après les faits, que figurera désormais dans les manuels scolaires la réalité sur la première région libérée lors de la dernière guerre mondiale : La Corse libérée LE 09 SEPTEMBRE 1943. Charles de Gaulle en déplacement sur l’île dira « La CORSE première terre de liberté »

En 2008 dans la déclaration du président des « français », cherchez l’erreur ! à supposer qu’elle soit involontaire ou maladroite. Pourquoi tant de mépris Monsieur le Président SARKOSY ? N’est ce que l’incurie d’un président qui ânonne ses discours ? Une amnésie toujours très sélective ou l’incapacité de respecter le travail des historiens ? Ou encore, l’impossibilité d’honorer la mémoire de tous les résistants, partout et sans discrimination ? Etrange président que celui des résidents de France !

1769 : Pasquale Paoli déclara : Jamais le peuple n'a essuyé un outrage plus sanglant. On ne sait pas trop ce qu’on doit détester le plus, du gouvernement qui nous vend ou de celui qui nous achète, confondons les dans notre haine puisqu'ils nous traitent avec un égal mépris.

Pour trouver la paix aujourd’hui et annihiler la haine, encore faudrait-il, bientôt 2 siècles ½ plus tard. Que les propriétaires « républicains » acceptent d’abroger leur mépris ancestral à l’encontre du PEUPLE CORSE ! Plus de deux cent ans que le cœur des corses saigne sous cette intendance. Plus de deux cent ans qu’ils sont livrés en pâture tels les pestiférés du monde. Un brin d’honnêteté et de dignité venus de l’extérieur (des sphères supérieures), seraient appréciés.

Bonnes commémorations K.

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 Rappel historique intéressant
piuma



Inscrit le: 10.05.2006
Messages: 163
Posté le: 08-05-2008 19:22

Concernant la conclusion, il y a dans les positions et les propos du président SARKOSY un déséquilibre perceptible de tous. L’homme semble être tiraillé entre ses convictions personnelles et la position impartiale de chef d’état de tous les Français. Après avoir visionné les deux journaux télévisés et bien écouté son intervention. Je reconnais que son discours de commémoration est plus qu’inconsidéré, il est trop ciblé. Ce discours est blessant pour ceux plus lointains, qui pouvaient attendre de sa part un peu de considération. Ce n’est pas là le comportement d’un chef d’état, il me déçoit beaucoup et je suis affligée que les corses soient mis à l’écart dans cette circonstance précise. Il est étonnant de constater que presque simultanément un autre journal de la même antenne annonce la réhabilitation historique dans les manuels d’histoire. Je ne comprends pas bien, cela ressemble à un raté médiatique ou une incohérence de préparation au niveau communication gouvernementale. Il semblerait que le président fasse aveuglement confiance au talent de son chargé de communication. Peut être devrait-il reconsidérer la pertinence de ce personnage dans son cadre public et politique.

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 Re:
kamelott



Inscrit le: 16.02.2008
Messages: 135
Posté le: 12-05-2008 14:06

http://www.lemonde.fr/web/sondage/0,25-0@2-3208,15-1043145,0.html
une phrase qui en dérange plus d’un !

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 Re: Corsica, gloria à te !
feruinfiaratu



Inscrit le: 24.03.2005
Messages: 4212
Posté le: 12-05-2008 23:41

J'ai lu ce qui précède : je vais y ajouter quelques utiles précisions ;
Fred Scamaroni alias capitaine Siviéri, mais aussi Arthur Giovoni, chef du Front National de Libération de la Corse, François Vittori responsable militaire, communistes l'un et l'autre... et bien d'autres sans lesquels la Résistance conduite par de tels hommes n'aurait pu être ce qu'elle fut.

Une nuit de 1943... l'occupation :
mon père me sorti du lit comme convenu : l'avion anglais attendu était au-dessus du village. Il larguera sa cargaison dont pas une cartouche ne fut perdue. (entre Sorbu et Penta)

quelques jours plu tard, il furent 28 à se poster à I Gaittani, entre u Querciolu et San Brancaziu pour mitrailler un convoi de la Whermacht sous les ordres du lieutenant Paul Orlanducci.
Enfant fils de résistants, j'ai assisté depuis le village, à ce moment que jamais je n'oublierai plus.

Sarkozy et "sa" vraie France, lui qui a bafoué l'esprit de la Résistance en détruisant sciemment avec ses complices ce que le CNR* a mis sur pied en 1944 ?
Qu'il laisse çà à qui peut en parler, avec respect et fierté, cet imposteur !

(*) CNR : Comité National de la Résistance.

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